Pourquoi démocratiser l’accès à l’investissement direct, selon @sowefund ?

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Depuis quelques années, de nombreuses initiatives se créent et se déploient pour ouvrir l’investissement et le rendre accessible au plus grand nombre : crowdfunding en actions ou obligations, incitations fiscales, produits bancaires dédiés (comptes PEA-PME, …). Pourquoi est-il si important d’inciter tout un chacun de devenir investisseur aujourd’hui ?

Les start-up ont besoin de soutien financier

Depuis l’avènement de la crise, l’accès au financement est devenu de plus en plus difficile, notamment pour les jeunes entreprises jugées trop fragiles et risquées par les acteurs traditionnels du financement. Malgré les conditions bancaires relativement favorables ces dernières années grâce à une politique de taux d’intérêt relativement faible, peu de start-up ont pu véritablement en profiter car elles n’avaient pas suffisamment de garanties.

Les investisseurs du capital-risque, normalement habitués à investir dans des actifs jeunes et risqués, ont eux aussi subi les effets de la crise et leurs financements ont largement diminué.

Par conséquent, le besoin financier des start-up a eu du mal à trouver des solutions de financement pérennes et de façon rapide.

L’implication des épargnants est une alternative sérieuse et nécessaire.

L’investissement direct permet de rediriger l’épargne vers l’économie réelle

Les particuliers disposent de peu de moyens et de visibilité sur les solutions d’investissement en direct. Par ailleurs, ils éprouvent une aversion au risque plus importante que les investisseurs professionnels du capital-investissement. En effet, la perte en capital n’est jamais exclue.

Cependant les produits d’épargne actuels ne permettent pas de bénéficier de rendements intéressants (les taux d’intérêt sur les livrets sont relativement faibles). Et l’investissement direct, bien organisé, permet de limiter le risque de perte. Il a été prouvé que l’investissement dans un portefeuille varié diminue les risques (les pertes de certaines sociétés sont compensées par les bénéfices générés par d’autres).

Ainsi, la participation des épargnants directement dans les entreprises grâce aux solutions nouvelles d’investissement permet de rediriger leurs fonds vers des actifs plus productifs puisqu’ils sont directement injectés dans des entreprises à fort potentiel. Le financement en direct permet d’investir directement dans la création d’emplois, la formation des salariés, l’innovation, la génération de chiffre d’affaires et de valeur ajoutée, etc. ce que ne proposent pas explicitement les produits bancaires et financiers proposés aux particuliers.

L’investissement en direct permet de bénéficier d’avantages fiscaux

Dans ce sillon, étant donné que l’investissement en direct est bon pour l’économie réelle, des avantages fiscaux ont été déployés afin d’inciter les particuliers d’investir directement dans les TPE et PME.

Parmi les plus emblématiques, les lois Madelin et Tepa permettent aux particuliers de défiscaliser leurs investissements sur l’impôt sur le revenu (IR) ou sur l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), à hauteur de 18% et 50% respectivement.

Par ailleurs, plus l’investissement est envisagé sur le long terme, plus la défiscalisation de la plus-value de cession est intéressante. Lors de la revente de ses titres, l’investisseur recevra une plus-value de cession si l’entreprise a gagné de la valeur. Cette plus-value est imposable au prorata du temps passé dans l’entreprise. Au-delà de 8 ans dans le capital de la société financée, l’abattement fiscal sur cette plus-value est de 65%. Ce pourcentage s’établit à 80% si l’investissement a été réalisé dans une start-up de moins de 10 ans d’existence.

L’investissement en direct est plus rentable que d’autres types d’investissement

Investir directement au capital d’une start-up comporte des risques importants, bien plus élevés que les placements dans des livrets ou sur les marchés cotés. En effet, l’investisseur prend le risque de perdre son capital par faillite de l’entreprise ou par chute de la valeur de ses titres.

En contrepartie, plus un actif est risqué, plus sa rentabilité sera élevée. Les taux de rentabilité observés dans le secteur du capital-risque sont plus importants que ceux des autres formes d’investissement moins risqués. Le crowdfunding bénéficie lui aussi de taux de rentabilité intéressants. Le premier bilan de la plateforme anglaise Seedrs annonce un taux de rentabilité interne de 14,4% sur l’ensemble des opérations réalisées.

Les investisseurs qui ont pu bénéficier d’un tel taux ont été ceux qui ont diversifié leur portefeuille. L’important pour limiter les risques et augmenter les probabilités de réaliser des investissements rentables est de placer ses fonds dans des actifs différents, tant en termes d’activité que de secteur ou de modèle économique. Il est également primordial de ne pas placer tout ou majeure partie de son patrimoine dans ces types d’actifs risqués.

Ces constats poussent certains acteurs à démocratiser l’accès à l’investissement au plus grand nombre. Les plateformes de crowdfunding et de co-investissement, comme Sowefund, proposent en plus de rassurer les particuliers en les faisant investir aux côtés de professionnels de l’investissement. Les start-up sélectionnées par la plateforme sont suivies par les réseaux de Business Angels et fonds d’amorçage partenaires. Par conséquent, les particuliers financent des projets dans lesquels les professionnels du capital-risque apportent eux-mêmes des fonds.

Le succès grandissant de ces types d’initiatives prouve que le concept fonctionne et que les particuliers sont prêts à devenir investisseurs de long terme. En France, en 2014, 6% des levées de fonds des start-up en amorçage ont été réalisées grâce au crowdfunding ; en 2015, il a concerné 10% de ce type de levée (source – Financement Participatif France). Une croissance qui encourage à poursuivre l’effort de démocratisation de l’investissement aux particuliers.

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