Fintech tricolore : en piste pour le décollage, par Joëlle Durieux, Directrice Générale du Pôle Finance Innovation

0
266

La Fintech en France est une belle histoire dont la meilleure partie reste à écrire. Pouvoirs publics, collectivités territoriales, institutionnels, régulateurs, startups, monde de la recherche et autres acteurs se mettent tous en ordre de bataille pour accélérer la croissance des Fintech tricolores et les faire rayonner en France et au-delà.

De la tenue de comptes à la gestion de patrimoine en passant par le paiement et l’affacturage, les solutions proposées par les Fintech, ces startups de la finance, bouleversent l’écosystème d’un secteur traditionnellement tenu par les acteurs historiques (banque, assurance, gestion d’actifs, …). Gérer l’ensemble de ses comptes depuis une seule et unique application, financer le développement de PME via une plateforme, placer son patrimoine en quelques clics et laisser des algorithmes le faire fructifier, allouer son épargne assurance-vie en fonction de ses projets de vie : les nouveaux services technologiques ont de quoi attirer. Cette vague d’innovation, qui inonde les cinq continents depuis plusieurs années, cherche à répondre à l’évolution des attentes des consommateurs vers des outils plus simples, plus rapides, plus intuitifs et moins chers. Et même si le terme de « Fintech » reste très largement méconnu des Français (1), le phénomène est pourtant bien là.

La France, une terre de Fintech

Pour preuve, la France compte de belles histoires parmi ses centaines de startups en forte croissance. En 2017, elle est ainsi parvenue à avoir six de ses champions dans le classement Fintech 100 de KPMG, soit quatre de plus que l’année précédente. Lendix, la première française du classement, occupe la 45e place, suivie de l’assureur Alan, IBanFirst, l’application Lydia, Payfit et enfin Qonto, la néobanque des PME. Ces jeunes pousses tricolores y côtoient les plus grands de la planète comme Ant Financial, la branche financière d’Alibaba, ou encore Atom Bank, qui vient de lever près de 206 millions de dollars.

Côté levée de fonds justement, même si les montants sont moindres, la France peut être fière : en janvier 2018, la Fintech a levé 83 millions d’euros en seulement cinq opérations, faisant d’elle l’un des secteurs les plus dynamiques de l’Hexagone. Un dynamisme porté aujourd’hui par quatre domaines principaux, identifiés dans une récente étude de McKinsey (2) : l’intelligence artificielle, la technologie des « registres distribués » (Distributed Ledger Technology) comme la blockchain, les technologies du cloud, et la robotique. Des startups comme DreamQuark et SesaMm, qui s’appuient sur l’intelligence artificielle, ou encore Utocat, au coeur de la blockchain, contribuent ainsi à ce mouvement vers toujours plus d’innovation.

La Fintech est surtout un formidable créateur d’emplois, à la recherche de talents allant du data scientist à l’analyste crédit, sans oublier les développeurs web ou les chargés de communication, pour ne citer qu’eux. Et ce, à travers tout le territoire français grâce à l’action de réseaux, comme la LornTech en Lorraine et la Métropole de Brest.

Soutenir l’éclosion et la croissance des jeunes pousses

Pour aider les startups tricolores à franchir ce cap décisif dans leur développement, une seule clé : l’accompagnement. Le dynamisme et la créativité des entrepreneurs de la Fintech se doit en effet d’être soutenu par un écosystème politique et financier qui investit dans des projets prometteurs.

In fine, c’est toute la Fintech hexagonale qu’il s’agit de faire rayonner à l’international.
Aujourd’hui, de nombreuses initiatives voient le jour. Côté régulateurs, l’AMF et l’ACPR ont lancé en 2016 le « Forum Fintech », décrite dans leur communiqué de presse comme une « instance de veille, de dialogue et de proposition associant les sociétés innovantes, les pouvoirs publics et les autorités de supervision » (3). Comme l’avait ensuite précisé François Villeroy de Galhau aux Echos, la mission principale de ce Forum Fintech est de « les informer, les aider et rendre le parcours plus facile » (4).

Depuis, d’autres acteurs ont aussi pris le sujet à bras le corps. La French Tech, un mouvement qui oeuvre pour les startups de tous secteurs, a ainsi créé neuf « Réseaux Thématiques French Tech », dont un dédié à la Fintech. Ce réseau Fintech a imaginé un « Tour de France » des acteurs locaux, une initiative unique en France. L’objectif : contribuer à l’essor de pépites issues de l’ensemble des régions françaises, renforcer les écosystèmes FinTech régionaux, et appuyer les startups dans leur expansion nationale puis internationale.

Ce soutien de l’écosystème permet aux startups de continuer à innover, recruter et surtout
s’internationaliser. Bref, l’ambition est claire : faire de la France la principale place mondiale de l’innovation financière où il fait bon de pousser pour les jeunes Fintech !

1- Selon un sondage Harris Interactive pour Deloitte en 2017 / 2- « Fintech Decoded : Capturing the opportunity in capital markets infrastructure », McKinsey & Company, Mars 2018 / 3- Communiqué de presse de l’AMF et de l’ACPR, 18 juillet 2016, « L’AMF et L’ACPR lancent le Forum FinTech » / 4- « Fintech : les régulateurs français s’engagent pour la compétitivité de la place », Les Echos, 4 mai 2016;

A propos de FINANCE INNOVATION

FINANCE INNOVATION, créé par l’Etat et sous l’impulsion de la Place financière de Paris en 2007, est un Pôle de compétitivité mondial, d’intérêt général, tiers de confiance pour ses membres et son écosystème. Il est dédié à l’accompagnement et à la croissance des projets innovants pour la compétitivité de l’industrie financière française et la création d’emplois.

Fort d’un réseau de plus de 500 membres (Pouvoirs publics, Collectivités territoriales, Grands comptes, TPE/PME, startups, fintechs, académiques, etc.), FINANCE INNOVATION fédère un écosystème large à travers 6 filières stratégiques : Banque, Assurance, Gestion d’Actifs, Métiers du Chiffre et du Conseil, Immobilier, Finance durable et finance verte.

FINANCE INNOVATION labellise des projets (R&D) collaboratifs et individuels innovants, en vue de les accompagner avec ses membres dans la structuration de partenariats commerciaux et capitalistiques. Plus de 550 projets innovants labellisés à forte valeur ajoutée ont bénéficié de financements publics et privés de plus de 300 millions d’euros.

Membre du réseau thématique FrenchTech #FinTech, il a pour vocation d’encourager l’émergence de Fintech dans les territoires, d’accélérer leur croissance et de les faire rayonner via la FrenchTech partout dans le monde.

Plus d’informations sur https://finance-innovation.org

AUCUN COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE