Initial Coin Offering : Interview avec Paul Bougnoux et Thibault Verbiest suite à la Conférence ICO

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Un nouveau mode de financement des entreprises et des projets transforme actuellement la finance mondiale : l’ICO (Initial Coin Offering). Depuis début de 2017, 2 milliards de dollars ont déjà été levés grâce à une forme totalement nouvelle de financement pour les entreprises. Pour étudier les facteurs de succès et les impacts que pourraient avoir ce mode de financement sur le monde de la finance, Hello Finance a rencontré les intervenants de l’ICO lors d’une conférence qui a eu lieu le 9 novembre 2017.

Présentez-vous s’il vous plait ?

Paul Bougnoux associé fondateur de Largillière Finance (conseil en levée de fonds et fusion-acquisitions) et Thibault Verbiest, associé du cabinet DS Avocats, cabinet international d’origine française. Nos deux structures font équipe sur l’accompagnement d’opérations d’ICO (ou crowdsale) car nos compétentes sont très complémentaires.

L’ICO (Initial Coin Offering) représente un nouveau modèle de levée de fonds qui intéresse de plus en plus d’entreprises. Quelles sont les plus-values de son utilisation ?

Pour faire simple, l’ICO présente trois avantages majeurs. D’abord, elle apporte une « compliance » naturelle, inhérente à la technologie blockchain, et permet de faire du crowdfunding sans intermédiaire et à moindres coûts. Secondo, elle crée un nouveau concept de financement des entreprises sans dilution grâce à la vente de tokens au lieu de la cession d’actions, ou sans dettes financières. Troisièmement, elle apporte une liquidité accrue car les tokens peuvent être revendus sur des plateformes d’échange (environ 60 dans le monde), si du moins ils trouvent acheteurs bien entendu.

Pourriez-vous partager votre expérience de l’utilisation de l’ICO. A quelles difficultés avez-vous été confrontés ?

Aujourd’hui la première difficulté est l’absence de clarté du cadre réglementaire. Les ICO évoquent les « IPO », les offres de titres financiers au public qui sont soumises au contrôle des autorités financières (AMF en France, qui doit autoriser un prospectus d’information avant le lancement de l’offre publique).  En Europe, les règles applicables sont en principe harmonisées, mais certains pays (comme la France) ont édicté des régimes particuliers (comme le régime des « biens divers »), susceptibles de s’appliquer à certaines ICO. Ajoutez à cela que les Etats-Unis et la Chine ont des systèmes juridiques différents, tous pouvant s’appliquer à une même opération par nature mondiale. Nous saluons à cet égard l’initiative de l’AMF de lancer une consultation publique sur la régulation des ICO, sans exclure aucune option. C’est une saine manière de réagir à ce phénomène assez déroutant pour un régulateur…

Comment voyez-vous l’avenir de l’ICO ?

Nous pensons que la technologie blockchain comme moyen de lever des fonds restera, car elle apporte transparence et auditabilité, de même que la tokenisation qui ouvre de nouveaux champs, très créatifs, de financement et de création de valeurs. Mais le temps des ICO « faciles » est déjà révolu et l’on commence à se rapprocher du professionnalisme requis pour toute opération classique de levée de fonds : business plan qui tient la route, modèle économique du token réaliste, informations complètes sur la société, sur le marché, la concurrence etc.

Un conseil aux dirigeants qui souhaitent monter leur ICO ?

L’ICO n’est pas une formule miracle.  Elle se travaille tant en amont, sur la tokenisation (mon token est-il vraiment utile? , Qu’apporte-t-il ? comment sera-t-il qualifié juridiquement ? ) que sur le déroulement, notamment sur la communication, les relations avec les acheteurs et la création d’une communauté.

 

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