« Intelligence artificielle, risques réels » Par Florian Bercault et Catherine Veret Jost d’Estiméo

0
38

Comment une idée, un concept, une personne… deviennent-ils célèbres et rentables ?

Nouveaux regards, nouveaux pouvoirs

Chaussons nos lunettes à verres progressifs portant au-delà de l’horizon. A nouveau regard sur les mutations économiques en cours, découverte d’applications technologiques et des pouvoirs conférés à ceux qui les maîtrisent.

Des signaux (pas si faibles) éclairent la formation de réalités issues de la virtualité et les risques socio-économiques corollaires… Ces nouveautés portent des opportunités de création de valeur orientables vers l’amélioration de la vie.

Risques aujourd’hui, opportunités demain ; opportunités pour les uns, risques pour les autres… Quelques questions clés : Qui maîtrise ? Qui subit ? Qui paie ? Qui récolte ? Avons-nous tous la même conception d’un monde meilleur ? du progrès ? Quelle régulation ?

L’exemple des nouveaux pouvoirs du Big Data

L’explosion des données produites, stockées, interconnectées… combinée à la puissance de calcul démultipliée est née de l’action des GAFAM…

En 2020, selon CISCO nous aurons sur notre planète au moins 50 milliards d’objets connectés, soit 7 fois plus que d’êtres humains. Nos objets quotidiens – voitures, smartphones, réfrigérateurs, clés, chaussures… – produiront de la donnée qui sera avalée, broyée, digérée par une intelligence artificielle absorbant des volumes énormes en un temps record.

C’est à double tranchant : faciliter notre vie à travers de nouveaux usages ou la dénaturer en nous enfermant dans des besoins issus de modèles cognitifs autocentrés ? Car ces données peuvent être largement utilisées par ceux qui les détiennent : profilage marketing, espionnage, suivi médical, manipulation génétique, analyse prévisionnelle à fiabilité variable… marchandisation dans des buts qui restent souvent à clarifier.

Ce mixte « données, mathématique et internet » mérite une analyse de risques approfondie au fil de son expansion. Il fait surgir les questions éthiques propres à l’Humanité et à sa conscience dans tous les domaines de la vie, avec des impacts majeurs notamment en socio-économie (croissance, emploi, partage de la valeur créée, durabilité…).

Quels buts poursuivent ces « créateurs » du Big Data ? Des buts économiques certes, avec une « philosophie » nouvelle du bonheur en quête d’immortalité. La philosophie étant l’amour de la sagesse, nous l’inscrivons ici entre guillemets… Prométhée n’est pas loin…

Quant à l’économique, que nous dit Watson ? Que fait IBM ?

Watson, notre futur docteur ?

Depuis 1887, le détective fictif Sherlock Holmes se fait accompagner du docteur Watson. Watson est l’âme de la saga holmésienne, son humanité compense la pure rationalité. Il est conducteur de lumière plutôt que sa source : la perplexité de Watson et ses interrogations sur une affaire mettent Holmes sur la piste de la vérité…

Watson est devenu, avec IBM, l’Intelligence Artificielle du Machine Learning ! C’était aussi le nom d’un des premiers dirigeants de cette Compagnie américaine dont le développement mondial a suivi celui de l’informatique et des systèmes d’information. Le plus connu des Watson n’est pas celui qu’on croit… Que nous dirait un moteur d’IA à cet égard ?

Watson est le nom du dispositif informatique d’IA conçu par les ingénieurs du leader mondial IBM : il connait et décrypte déjà 7 langages naturels, répond aux questions de manière probabiliste et est apprenant. Il parcoure d’énormes quantités de données dans un temps hyper réduit. C’est un moteur cognitif qui fonctionnerait sur le modèle du cerveau humain par réseaux de neurones et apprentissage statistique pour fournir des réponses pertinentes.

Qu’est-ce que cela veut dire concrètement ?

« IBM est à l’avant-garde de l’ère cognitive pour aider les entreprises dans tous les secteurs d’activité à atteindre des résultats à long terme » confie David Kenny, vice-président d’IBM Watson.

L’IA, priorité stratégique d’IBM, est développée par projets pilotes avec des entreprises. En 2014, le groupe a créé la division Watson, portant un investissement de 1 milliard de dollars pour générer un chiffre d’affaires de 10 milliards de dollars en 2024. C’est comme une start-up autonome de 2000 personnes.

L’objectif est de monétiser Watson en Business Analytics, outils de restitution d’aide à la décision, à base de Statistique descriptiveet d’Analyse prédictive, au service du développement commercial.

Le savoir-faire d’IBM avec Watson

En santé, le Cloud Watson health est un outil de diagnostic développé en partenariat avec des cliniques et des hôpitaux pour accélérer la recherche médicale.

En avril 2017 en France, IBM a lancé avec le Crédit Mutuel, l’assistant virtuel des conseillers bancaires.

Le 14 juin 2017, IBM a lancé aux Etats-Unis, pour le monde entier, le déploiement de Watson dans la régulation financière, en utilisant l’expertise d’une société rachetée en 2016.

Citigroup explore son utilisation pour gérer la masse de données produite en finance et l’information à en déduire pour agir sur les marchés.
D’autres cas d’usage sont envisagés dans des centres d’appels.

Au Viva Tech 2017, 9 start-ups du « lab IBM » ont montré comment, en intégrant la technologie cognitive Watson dans leurs applications, elles innovent et redéfinissent le fonctionnement des entreprises.

Il s’agit de dépasser les limites humaines qui restreignent notre processus créatif, notre compréhension du monde et notre capacité à prendre les bonnes décisions. L’IA, c’est de l’intelligence augmentée.

Quelle éthique pour Watson ? Mieux comprendre, mieux voir pour mieux éclairer ou pour mieux manipuler ?

Dites à Jeanne que je l’aime

Concluons avec cette anecdote de Nicolas Sekkaki, DG d’IBM France : Lorsque Nicolas demande à Watson d’envoyer un texto « Je t’aime » à sa femme, Watson s’exécute en envoyant ce texto à Jeanne « Dites à Jeanne que je l’aime« .

La machine reste une machine finalement (pour l’instant) !

AUCUN COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE