Interview de David HELLO (TerraNIS) : «L’arrivée massive de données satellites gratuites ouvre des portes vers de nouveaux usages que nous n’aurions pas imaginé il n’y a que quelques mois».

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De plus en plus de satellites circulent autour de la Terre. Ils nous connectent, nous géolocalisent et produisent des données par dizaines de Téraoctets par jour. Ces informations qui couvrent presque tous les domaines de notre quotidien transforment les métiers et sont à l’origine de l’apparition des nouveaux services B2B ou B2C. Ils permettent notamment d’améliorer la protection maritime, la surveillance de pipelines et même la qualité des vins. Pour dresser un panorama de ces transformations, le Pôle Finance Innovation a récemment organisé une conférence sur l’usage des données satellites dans la Fintech.

Pour en savoir plus sur les innovations qui s’appuient sur les bases de données satellites, Hello Finance a interviewé les intervenants de cette conférence.

Pourriez-vous vous présenter en quelques lignes ?

Je suis David HELLO, co-fondateur et CEO de TerraNIS qui est une jeune TPE innovante née en mars 2014 et qui compte aujourd’hui une quinzaine de collaborateurs. J’ai passé plus de vingt ans dans le groupe Airbus, essentiellement dans le domaine du spatial et de ses applications mais également  chez Airbus Commercial Aircraft.

Quelles données produites par les satellites sont exploitées par votre société ?

Nous utilisons des images « brutes » provenant de différents satellites opérés par des sociétés privées comme Airbus Defence and Space ou par des organismes institutionnels comme l’Agence Spatiale Européenne. Nous utilisons aussi depuis quelques temps des images issues de drones afin de tirer profit de leur précision qui complète bien celles des satellite pour des applications spécifiques. Toutes ces sources ont en commun le fait qu’elles embarquent des capteurs multispectraux qui génèrent des images dans le domaine du visible (rouge, vert, bleu) et de l’infra-rouge.

Comment les utilisez-vous ?

Nous parlons d’images « brutes » au sens où nous traitons ces images directement telles qu’elles sont livrés par les opérateurs cités précédemment afin d’en extraire, grâce à des logiciels spécifiques, des informations à valeur ajoutée. Pour illustrer ceci, nous utilisons des algorithmes qui permettent d’extraire des images des paramètres biophysiques qui donnent des caractéristiques très précises sur l’état des végétaux observés comme leur vigueur, leur teneur en chlorophylle ou leur stress hydrique. De ces informations techniques, nos ingénieurs ou ceux de nos partenaires peuvent déduire des conseils agronomiques qui permettent à nos clients finaux d’adapter leur pratiques culturales afin d’optimiser leurs coûts de production ainsi que la qualité de leurs produits.

Quelles solutions proposez-vous ?

Aujourd’hui, nous commercialisons trois services dans le domaines agro-environnemental qui sont Pixagri pour le monitoring des grandes cultures comme le blé ou le soja, Oenoview pour la vigne et TerraMap dans le domaine de la gestion des territoires. Pixagri et Oenoview sont deux services initialement développés chez nos anciens collègues d’Airbus Defence and Space dans les années 2000. Ils intègrent une technologie innovante, propriété d’Airbus, que nous pouvons utiliser dans le cadre d’un partenariat technique et commercial. Les compétences et le savoir-faire dont nous disposons est également utilisé dans d’autres domaines et nous travaillons par exemple en ce moment avec une start-up de la FinTech, QuantCube, afin d’étudier comment l’imagerie satellitaire peut enrichir les modèles de prévision macro-économique développés par cette société.

Le mot de la fin pour compléter cet interview ?

Notre domaine, l’Observation de la Terre, est en pleine mutation grâce à l’arrivée massive de données gratuites, comme les images des satellites Sentinel de l’ESA, en parallèle de l’émergence de solutions technologiques dans les NTIC comme le Big Data, le Cloud et la démocratisation de l’usage d’algorithmes très complexes basés sur l’Intelligence Artificielle (Machine Learning / Deep Learning). Tout ceci ouvre des portes vers de nouveaux usages, dans des domaines que nous n’aurions pas imaginé il n’y a que quelques mois. Nous sommes à l’écoute et même totalement impliqués dans cette dynamique comme en témoigne notre collaboration avec QuantCube. On a coutume de dire que le ciel n’a pas de limites … l’espace non plus : à nous d’être inventifs !

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