Interview Insurtech pour #InsurtechBiz : Laurent POT, Associé Fondateur de Champollion

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Du 25 au 28 septembre 2017, Paris accueillera un événement international incontournable pour l’écosystème de l’assurance, de l’assistance et de la prévention : l’Insurtech Business Week. Pendant 4 jours, se succéderont des temps de conférences et des temps dédiés au networking. Les participants pourront découvrir les dernières tendances en matière d’innovation dans le domaine de l’assurance et développer de nouveaux partenariats avec les meilleurs experts internationaux du domaine.

Plus grand observatoire en matière d’émergence de nouveaux projets et espace sur mesure pour les concrétiser, l’INSURTECH BUSINESS WEEK’17 vise l’accélération de la transformation digitale du secteur. En prévision de ce grand rendez-vous des acteurs de l’assurance, Hello Finance a rencontré Laurent POT, l’Associé Fondateur de Champollion, une des Insurtech qui pitcheront lors d’Insurtech Business Week.

Pourriez-vous s’il vous plait raconter brièvement l’histoire de la création de votre startup ?

Nous nous sommes rencontrés il y a 8 ans maintenant pour développer une offre de conseil de proximité en assurances, dans le cadre de l’activité de Frédéric. Notre objectif était de faciliter la vie des assurés, pour les aider à mieux vivre leurs assurances après un constat assez simple et sans appel : en matière d’assurances, personne n’y comprend rien ! A partir de cette expérience terrain, nous nous sommes demandés comment toucher le plus de monde possible : l’idée de Choov – une plateforme de « traduction » des assurances destinée aux assurés eux-mêmes – était née.

Au même moment, l’Union Européenne, à travers sa nouvelle directive « DDA » (Directive pour la Distribution d’Assurances), accroissait considérablement le devoir de conseil et d’information des distributeurs d’assurances. Cette nouvelle directive appelait à plus de pertinence, à plus de clarté, pour une meilleure compréhension de l’assuré, pour le (re)placer au cœur de ses décisions.

Notre solution de traduction des contrats d’assurance, de correspondance « parfaite » avec le besoin spécifique des assurés pouvait donc s’inscrire dans une nouvelle démarche : devenir un formidable outil de suivi et de conseil pour les distributeurs, pour mieux répondre à cette nouvelle contrainte réglementaire.

Quels sont vos produits/services et quelle innovation apportent-ils aux consommateurs ?

Choov est une solution SaaS qui permet :

  • de capter et d’évaluer dans le détail le besoin de l’assuré,
  • de lui proposer une traduction personnalisée de son contrat,
  • de le projeter dans sa future assurance (couverture/indemnisation),
  • de faciliter la conformité réglementaire du conseil et de l’information fournie.

Que ce soit du côté du distributeur ou de l’assuré, Choov permet, pour la toute première fois, de voir les assurances en « réalité augmentée ». Sur une réalité donnée (celle de l’assuré, son environnement, ses usages…) nous superposons un calque d’informations qui permet une lecture simple et aussi détaillée qu’on le souhaite de la couverture et de l’indemnisation.

Pour l’assuré, c’est plus de compréhension, plus de transparence et de meilleures décisions.

Pour le distributeur, c’est plus de pertinence dans son conseil, plus simplement, plus rapidement. C’est détecter et pouvoir transformer toutes les opportunités.

Quels sont selon vous les facteurs de réussite d’une insurtech ?

Une idée simple.

C’est important d’avoir une idée simple qui sera utile, utilisable et utilisée et qui aura, quelle que soit sa forme (qui peut largement évoluer), une vraie valeur ajoutée. Pour nous, c’est « traduire vos assurances ».

Savoir nouer des relations avec les acteurs du marché

Le marché de l’assurance est déjà très structuré. Même avec une idée géniale, on ne va pas le bousculer comme ça. Il faut donc savoir se donner suffisamment de visibilité vis à vis des grands acteurs de ce marché qui pourront devenir autant d’appuis dans le développement du projet.

Persévérance

C’est le pendant du second point : dans un marché très structuré, où les enjeux sont vite colossaux, il est difficile de percer. Rien n’est acquis. Tout est étape. Il faut être solide et savoir persévérer pour construire, convaincre et développer son projet.

Comment imaginez-vous le marché de l’assurance de demain ?

La manière de consommer de l’assurance va changer parce que les modes de consommation changent et que le développement des technologies permet dès aujourd’hui d’offrir un autre rapport à l’assurance.

Côté assurance de biens, l’assuré veut être capable d’adapter son assurance, notamment pour un temps donné, pour un lieu donné. Parce qu’il recherche de plus en plus l’usage au lieu de la possession et que l’usage, même régulier, n’est pas permanent.

Côté assurance de personnes, on ne veut pas tant comprendre qu’éviter les mauvaises surprises. Que ce soit simple et transparent. En un mot : limpide !

Par ailleurs, dans ses rapports à l’assureur, l’assuré recherchera toujours de la disponibilité et de la personnalisation. Et les bots, l’IA vont pouvoir lui offrir les deux. Ils proposeront une intelligence pertinente et disponible qui saura s’adapter aux modes de consommation de l’assuré. Ils sauront non seulement lui répondre mais aussi anticiper, à sa place, les événements et les risques encourus. C’est alors l’assuré qui pourra choisir quel mode de validation il souhaite, quelle confiance il leur accorde.

Ainsi, nous allons passer d’un monde où l’assurance « se signe » à un monde où elle « s’active ». Je ne m’engage plus : j’utilise. Une assurance qui sera plus instinctive parce que l’assuré ne voudra plus vraiment comprendre et réfléchir, mais simplement agir. Et pour se faire, il voudra maîtriser ses propres données et savoir, en temps réel, à tout moment, simplement, s’il est couvert, et comment.

Ce changement dans le rapport à l’assurance changera également le rapport à l’assureur. Il sera évalué et choisi sur sa capacité à pouvoir offrir toute la flexibilité et toute la simplicité à accompagner l’assuré – selon son choix – dans tous les événements de sa vie, du plus insignifiant au plus majeur.

Quel message souhaiteriez-vous adresser aux participants de l’Insurtech Business Week ?

L’interaction et la collaboration sont clés pour aider au développement des insurtech et leur permettre de démontrer leur valeur pour les assureurs et pour les assurés. L’Insurtech Business Week est une nouvelle formidable opportunité de tisser et/ou resserrer un peu plus les liens entre les acteurs traditionnels et ces « petits » nouveaux que nous sommes.

En ce qui concerne Champollion, nous serons heureux d’échanger avec tous ceux qui le souhaitent… pour de futurs et fructueux partenariats ?

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