Interview Insurtech pour #InsurtechBiz : Pierre-Yves LE CORRE, coordinateur du Projet ASPRET

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Du 25 au 28 septembre 2017, Paris accueillera un événement international incontournable pour l’écosystème de l’assurance, de l’assistance et de la prévention : l’Insurtech Business Week. Pendant 4 jours, se succéderont des temps de conférences et des temps dédiés au networking. Les participants pourront découvrir les dernières tendances en matière d’innovation dans le domaine de l’assurance et développer de nouveaux partenariats avec les meilleurs experts internationaux du domaine.

Plus grand observatoire en matière d’émergence de nouveaux projets et espace sur mesure pour les concrétiser, l’INSURTECH BUSINESS WEEK’17 vise l’accélération de la transformation digitale du secteur. En prévision de ce grand rendez-vous des acteurs de l’assurance, Hello Finance a rencontré Pierre-Yves LE CORRE, coordinateur du Projet ASPRET, qui interviendra lors d’Insurtech Business Week.

Pourriez-vous s’il vous plait raconter brièvement l’histoire de la création de votre startup ?

ASPRET est un projet de R&D collaboratif initié par BPSIs, start-up labellisée par le Pole Finance Innovation en 2014. BPSIs a révolutionné l’assurance emprunteur grâce à sa plateforme digitale de souscription d’assurance emprunteur. Fort du succès de ses premières années de développement, BPSIs entend maintenant améliorer l’assurabilité des emprunteurs à risque aggravé de santé : chaque année, du fait d’un problème de santé, des dizaines de milliers de personnes ne peuvent accéder à l’assurance indispensable au crédit dont ils ont besoin pour réaliser leur projet. BPSIs a constitué un Consortium, en s’associant pour ce projet au laboratoire de Science Actuarielle et Financière de l’Université Lyon1, renommé pour son rôle clef dans la construction des tables actuarielles de marché, et à Sogecap, filiale d’assurance de la Société Générale, qui témoigne ainsi de l’engagement du monde bancaire. Le projet Aspret a été sélectionné dans le cadre des appels à projets FUI (Fonds Unique Interministériel) et dispose ainsi des moyens financiers pour mobiliser les meilleures ressources possibles.

Quels sont vos produits/services et quelle innovation apportent-ils aux consommateurs ?

Le projet va analyser les données massives de santé publiques et les modéliser par les techniques actuarielles pour construire des tables de risque par pathologies, qui n’existaient pas jusqu’à présent. De nouvelles solutions d’assurance pourront ainsi être proposées aux personnes à risque aggravé de santé. Les résultats se diffuseront grâce à la plateforme digitale utilisée aujourd’hui non seulement par BPSIs mais aussi par de nombreux assureurs.

Quels sont selon vous les facteurs de réussite d’une insurtech ?

Un projet d’Insurtech doit tout d’abord répondre à un vrai besoin client : il s’agit de cibler un marché et de disposer d’un moyen efficace et économiquement viable d’accès aux clients. L’assurance souffre cependant d’une image souvent peu positive auprès de ses clients : c’est un paramètre à prendre en compte, mais cela constitue aussi une opportunité pour une Insurtech grâce à l’innovation qu’elle peut apporter. Par ailleurs, outre la crédibilité économique de son business model, un projet Insurtech doit aussi prendre en compte le contexte réglementaire spécifique de l’assurance : face à une réglementation très exigeante, tant prudentielle et financière que pour la protection des consommateurs, une Insurtech a aussi intérêt à s’appuyer sur l’innovation pour générer des solutions efficaces et assurer ainsi son développement.

Comment imaginez-vous le marché de l’assurance de demain ?

L’assurance peut – et devra – se réinventer pour devenir plus facile d’accès, plus lisible pour ses clients et pour s’adapter à l’évolution des besoins. Le numérique devrait aider à répondre au déficit d’image et de compréhension de l’assurance, pour simplifier tant la présentation, la souscription de l’assurance, que pour continuer à en rendre l’utilisation plus facile. Le défi sera aussi de savoir répondre à l’évolution de nos sociétés et des besoins de couverture des risques : l’usage se développe au détriment de la détention, les risques eux-mêmes changent, certains se réduisent grâce au numérique notamment, mais de nouveaux risques apparaissent, dont ceux induits par le numérique (cyber-risques). L’assurance devra probablement aller vers plus d’intégration avec les usages et la gestion des risques de notre société : cela modifiera tant les circuits de distribution de l’assurance que la valeur délivrée. L’assurance ne devrait plus être vécue comme un « mal nécessaire », mais comme un service intégré à valeur ajoutée, facilitateur des usages, des actions, des situations de la vie économique, de la vie quotidienne, de la vie humaine.

Quel message souhaiteriez-vous adresser aux participants de l’Insurtech Business Week ?

Le projet ASPRET reflète ce que les nouveaux acteurs peuvent apporter à l’assurance : une approche plus centrée sur les utilisateurs et les clients, une réponse à des vrais problèmes, une utilisation des capacités du big data, du numérique et des nouvelles technologies. L’assurance doit effectuer une vraie révolution : penser avant tout aux besoins au lieu de penser « produit à vendre », innover et exploiter les opportunités de la technologie et du numérique pour traiter efficacement les problématiques techniques, juridiques, logistiques, commerciales et rapprocher enfin l’assurance de ses clients.

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