Interview de Xavier Latil, CEO, The Blockchain Group

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Suite au 9ème Blockchain Café qui a  eu lieu à La Place le 16 septembre dernier, Xavier Latil, CEO de The Bockchain Group revient sur les derniers projets forts qu’il a pu développer avec son équipe : une nouvelle démonstration du savoir-faire français de plus en plus reconnu par les grands groupes.

 

Quelle est l’actualité de The Blockchain Group ?

La majorité de nos clients, disons 90% d’entre eux, sont des grands groupes. Aujourd’hui toutes les grandes sociétés ont des projets blockchain, que ce soit à l’étape de pilote ou en phase d’industrialisation. Notre rôle est de développer ces briques technologiques. Parmi nos clients nous comptons EDF, PSA, Air France. Ce sont des grands comptes avec qui nous avons des projets sur des thèmes divers et variés, comme la fintech, ou encore la Supply Chain. Nous avons également quelques clients qui sont des startups, plutôt des fintechs comme Unbank.

 

La blockchain aujourd’hui : sommes nous bien aux prémisses d’une révolution ?

Déjà il faut bien faire la différence entre la blockchain et les cryptomonnaies. Pour certains, dès qu’on dit blockchain, ils pensent bitcoins. Et c’est totalement faux. La blockchain, ce sont des technologies, alors que les cryptomonnaies utilisent des protocoles blockchain. Cette dernière vit très bien sans les cryptos, alors que l’inverse ne se vérifie pas : les cryptomonnaies dépendent de la blockchain.

Et d’autre part, tout le monde est unanime sur ce point : avec la blockchain nous sommes à l’aube d’une révolution, similaire à celle du e-commerce à ses débuts dans les années 2000. La blockchain simplifie et accélère les process, que ce soit dans la supply chain, la certification ou les échanges financiers. C’est un marché qui n’est pas encore mature car les technologies sont nouvelles, mais nous n’en sommes pas loin. On pense que 2020 sera l’année de la maturité pour la blockchain. Il faut savoir que l’avancée de la blockchain va plus vite que celles d’internet et de l’e-commerce en leurs temps.

 

Quel projet blockchain vous a le plus marqué récemment ?

Nous venons de sortir le passeport numérique du véhicule, un projet pour le consortium PSA, Covea, Mobivia, Crédut Agricole, Matmut et Inter Mutuelles Assistance. Ça ne parle pas de cryptomonnaie. Il s’agit d’un passeport, équivalent à un token, pour chaque véhicule, dans lequel différents acteurs : assureurs, centres d’entretien etc., vont pouvoir écrire et tracer la vie d’un véhicule. Ce qui nous intéresse vraiment, ce sont les technologies. Aujourd’hui si vous achetez un véhicule d’occasion, vous n’avez aucune certitude sur le kilométrage, le nombre d’accidents et d’autres choses encore. Ce passeport numérique permet d’obtenir une traçabilité précise de tous les événements liés à la vie du véhicule. La blockchain est un outil qui permet de certifier les données. Ces technologies nous font faire un bond spectaculaire.

 

Et la France dans tout ça ? Elle semble être de plus en plus reconnue pour son savoir faire ?

C’est une question très intéressante car aujourd’hui en France il y a deux acteurs sérieux qui font de la technologie blockchain : il y a nous, et ConsenSys. C’est une entreprise américaine mais ils sont présents en France, et ils sont très sérieux. Il y a un vrai dynamisme mais le problème que nous rencontrons, c’est que les annonces du gouvernement français sont très orientées cryptomonnaie. Aujourd’hui, la place technologique concernant la blockchain dans le monde est tenue par les américains et les chinois, qui, on le sait, ont des moyens financiers bien plus importants que nous. Et si on regarde ce qu’il se passe en France, nous avons finalement peu de concurrents. Nous sommes une petite entreprise, mais nous travaillons avec les plus grands, et cela nous permet de créer des projets incroyables. Je pense qu’en France, nous avons les bonnes écoles pour former les futurs ingénieurs blockchain. Nous avons toutes les chances de notre côté sur ce point. Et nous avons d’ailleurs ouvert un plateau à Saclay pour accueillir ces nouveaux ingénieurs et les recruter dès qu’ils sortent de l’école.

 

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