Du seed money pour l’accélération des jeunes sociétés de gestion : le fonds Emergence

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Créé en janvier 2012, la mission du fonds d’incubation Emergence est de confier des capitaux à gérer à de jeunes sociétés de gestion françaises. L’objectif ? Accélérer leur développement pendant leurs premières années d’expérience.

Le fonds d’incubation Emergence investit  dans les fonds des sociétés de gestion prometteuses pour les accompagner à passer le cap de 100 millions d’euros d’encours sous gestion. Le but est d’atteindre un milliard, soit le seuil d’entrée pour les grands investisseurs pour surmonter les ratios d’emprise.  Comme l’indique Alain Leclair, président d’Emergence : « Si l’on veut développer de nouvelles sociétés de gestion, on a besoin d’un renouvellement permanent d’idées, d’hommes, d’organisations, il faut avoir des capitaux qui viennent s’investir pour encourager ces initiatives. »

 Les incubés témoignent : « Le seeding d’Emergence est arrivé à un point clé dans notre développement puis qu’une société de gestion a du mal à franchir la barre des 200 millions d’euros. On venait de la passer et c’est vrai que ça a été un véritable coup d’accélérateur dans notre développement puisque l’un de nos fonds qui a été seedé a vu ses encours plus que doubler. Dès lors vous devenez visible pour d’autres personnes : pour des investisseurs qui ne vous auraient pas regardé si vous ne faisiez pas 50 millions d’euros. Donc ça a été à un moment donné un coup d’accélérateur et si nous ne l’avions pas eu, c’est clair que peut-être que nous ne gérerions pas plus d’un milliard d’euros » déclare Jean-Baptiste Delabare, Associé gérant d’Arbevel.

Emergence vise à offrir aux investisseurs institutionnels une participation à la croissance des sociétés. Ces investisseurs sont ainsi au cœur de la gouvernance de la structure et participent à la sélection de ses jeunes incubés. Comme l’indique Sophie Bigeard, responsable Multigestion chez OFI AM : « L’approche d’Emergence, qui va peut-être plus sur des sociétés de gestion plus petites, des nouvelles équipes, attise justement notre vivier d’investissements et peut nous donner accès du coup à des investissements directs dans ces sociétés de gestion alors que l’on n’aurait pas pu le faire. Emergence leur permet de grossir et donc va nous permettre, en tant qu’investisseurs, au-delà d’Emergence, d’investir également dans les fonds de ces sociétés de gestion. »

Emergence investit en moyenne 30 à 50 millions d’euros par fonds pendant trois ans. Il s’agit de fournir le carburant dont ont besoin les jeunes sociétés pour démarrer. Comme l’indique Denis Baudoin, directeur général de Finaltis, un des incubés : « Etre incubé, ça veut dire disposer de fonds, à un moment du lancement d’un produit qui est très précoce. C’est concrètement trouver des investisseurs qui investissent dans notre gestion alors que la gestion a peu d’historique. »

Un opérateur de fonds, New Alpha, est chargé de sélectionner les candidats selon trois grands axes d’analyse : la capacité du gérant à performer, sa capacité à se développer et son entrepreneuriat. Plus de 250 sociétés et projets ont été étudiés en France. Antoine Rolland, directeur général de New Alpha explique le processus de sélection : « Nous avons un rôle de sourcing, de chercher un peu les meilleurs candidats sur le marché français. Puis nous les présentons à un comité d’investissements et ce comité d’investissements est chargé de valider ou non les propositions du gérant délégataire. Ce comité d’investissements a un droit de véto sur les décisions du gérant délégataire. Donc c’est le premier fonds je dirais, qui a ce genre de gouvernance, qui est un peu autonome, qui est capable donc de contrecarrer les décisions du gérant délégataire. »

A ce jour, Emérgence a réuni près de 450 millions d’euros, mis à disposition par les quinze plus grands fonds institutionnels français comme CNP, Aviva ou encore Cardiff.

Ainsi douze partenariats d’incubation ont été conclus avec de jeunes sociétés de gestion dont plusieurs sont aujourd’hui de belles success stories.

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